Les caractéristiques de la nappe GTI

Les Grès du Trias inférieur, ou grès vosgiens, sont issus de dépôts successifs de sables qui ont été charriés sous l’action d’un grand fleuve s’écoulant vers le Nord-Est en direction de la mer germanique. Ces dépôts, effectués il y a 240 à 245 millions d’années, ont par la suite cimenté par précipitation et cristallisation des sels dissous dans l’eau.

Au fur et à mesure, l’eau s’est infiltrée entre les grains composant cette roche (on parle de porosité) afin de former ce qu’on appelle aujourd’hui la nappe des Grès du Trias Inférieur (ou nappe des GTI).

Cette nappe, présente sur l’ensemble de la Lorraine, s’étend jusqu’au Luxembourg et à l’Allemagne à l’Est et s’enfonce sous le bassin parisien sur sa limite Ouest. Avec plus de 180 milliards de mètres cubes d’eau douce exploitable pour l'eau potable, cette nappe est d’une importance stratégique pour le développement de la région.

Elle est particulière par son mode et sa vitesse de recharge.

Sur une partie de la nappe, la configuration est particulière : les grès affleurent sur une petite surface et cette zone de recharge est de l’autre côté de la ligne de partage des eaux (En savoir plus – lexique). Cela veut dire qu’une partie des eaux de pluie ruisselle vers la Saône au Sud-Est alors que pour recharger la nappe en profondeur, l’eau doit aller vers le sens opposé vers le Nord-Ouest, suivant le sens des couches géologiques. Cette situation de « contre-pendage » minimise la part d’infiltration d’eau dans la nappe des GTI.

Ainsi, plus on est loin de la zone d’affleurement, plus l’eau est ancienne. Et donc à la vitesse de 1 km/1000 ans ce n’est pas vraiment le TGV pour se renouveler et c’est ce qui fait la spécificité des nappes captives : leur stock d’eau  est important, mais le renouvellement de l’eau est lent.


La nappe des GTI

Aussi, comme la plupart des nappes profondes captives, une partie de l’eau arrive par drainance, via les couches géologiques sus jacentes.

Grâce à ce schéma on peut voir que l’eau s’infiltre de différentes manières. Sur l’ensemble des Vosges la recharge est de 40% à 50%, pour la nappe des GTI  captive, sur le secteur du SAGE elle est de 5% à 10% ce qui est forcément un facteur limitant. 
 
(schéma : SMEGREG – modifié CD 88)


Ainsi, plus on est loin de la zone d’affleurement, plus l’eau est ancienne. Et donc à la vitesse de 1 km/1000 ans ce n’est pas vraiment le TGV pour se renouveler et c’est ce qui fait la spécificité des nappes captives : leur stock d’eau  est important, mais le renouvellement de l’eau est lent.